Visuel Kids reunited
06.06.23

Kids reunited

Trente ans après la guerre de Bosnie-Herzégovine, la ville de Mostar est le symbole des divisions ethniques et des tentations séparatistes du pays. Bosno-Croates, catholiques, et Bosniaques, musulmans, y mènent une vie totalement parallèle. Mais il est de rares îlots où les jeunes de la ville peuvent se côtoyer, peu importe leur appartenance: trois écoles où l’on peut jouer du rock en perfecto ou tenter d’apprendre l’anglais avec un accent impeccable.

Fondée il y a près de dix ans par le musicien Orhan Maslo, en coopération avec l’organisation néerlandaise Musiciens sans frontières et le Pavarotti Music Center -qui l’accueille dans ses locaux -, la Rock School est installée au 179 avenue du maréchal Tito, sur la rive est. L’établissement accueille aussi bien les Bosniaques que les Bosno-Croates, détonnant complètement dans le paysage local. “Il n’y a pas de frontières ici, contrairement au reste du pays et du monde. Nous avons notre petit univers et nous évoluons comme une seule entité”, s’exclame joyeusement Samir, entre deux accords de guitare. En une décennie, l’école a réussi à s’implanter au niveau national en tissant des partenariats avec des institutions dans tous les Balkans. Autre ingrédient de son succès, la Mobile Rock School sillonne le pays tous les étés pour encourager les jeunes d’autres régions à postuler, notamment dans la partie serbe, la Republika Srpska. Mais ne parlez surtout pas à l’équipe pédagogique de la Rock School de la ségrégation ethnique qui divise leur pays, sous peine de ne provoquer que des soupirs agacés.

Reportage à retrouver en entier dans le 12ème numéro de So good, disponible en kiosque ou à la commande.

Par Margot Davier
Illustration de Mathieu Pauget pour So good