Visuel Montpellier rend ses transports gratuits
19.10.23

Montpellier rend ses transports gratuits

Prochainement, la métropole de Montpellier va rendre ses bus et tramways publics gratuits. Une annonce forte destinée à inciter les habitants à délaisser leur voiture, mais qui ne convainc pas tous les professionnels du secteur ni l’ensemble des élus.

À partir du 21 décembre, les bus et les tramways seront désormais gratuits dans toute la métropole de l’Hérault et ce, sept jours sur sept. Dans les faits, il ne sera donc plus nécessaire pour les usagers, habitant à Montpellier ou dans la trentaine de communes environnantes, de payer ni de valider leur passe dans ces transports. Ils devront cependant l’avoir sur eux et elles, pour se différencier des touristes. Ces derniers continueront, en effet, à payer les frais de transports.

Le siècle “du droit à la mobilité” 

Cette première pour une aussi grande métropole française est une promesse de campagne de Michaël Delafosse, maire socialiste de Montpellier et président de sa métropole. L’homme politique insiste d’ailleurs sur le fait que sa décision fera de sa métropole « la plus grande […] d’Europe » à instaurer une telle gratuité. La vice-présidente chargée des mobilités à la métropole, Julie Frêche, a aussi déclaré dans les colonnes du journal Le Monde, voir dans le 21e siècle, le siècle “du droit à la mobilité, avec la gratuité des transports.” 

Il est vrai que la ville du sud n’a pas le monopole de cette politique. En effet, selon l’Observatoire des villes du transport gratuit, ce sont déjà une quarantaine de territoires qui ont mis en place, en France, ce type de mesure : comme Dunkerque depuis 2018 ou encore Compiègne, depuis 1975. D’autres villes, telles que Paris et Lille, ont quant à elles réservé cette gratuité aux moins de 18 ans, tout comme Montpellier avant son élargissement total. 

“Il y a toujours quelqu’un qui paye”

Pour la députée européenne et présidente de la Commission des transports et du tourisme du parlement européen, Karima Delli, interviewée au micro de So good Radio, la volonté principale est de pousser les gens à “prendre les transports en commun, au détriment de la voiture.” La représentante du groupe Les Écologistes espère que la France “va mettre en place très rapidement la taxe poids lourds, c’est-à-dire le principe pollueur-payeur”. Son absence représenterait, selon elle, “un manque à gagner [actuel] d’1,4 milliard d’euros par an.” Ainsi, selon Karima Delli, si l’on veut véritablement parler de financement, “il est grand temps que la route paie.” Et de conclure : “Rien n’est gratuit, il y a toujours quelqu’un qui paye, c’est l’usage des transports qui est gratuit.” 

Un argument que reprend à son compte, mais pour de toutes autres raisons, Louis Nègre, élu des Alpes-Maritimes et président du GART, l’association qui regroupe les élus chargés des transports. Selon le maire de Cagnes-sur-Mer, rendre gratuits les transports en commun d’une grande ville coûte très cher, et ce n’est pas forcément la priorité, celle-ci se trouvant davantage dans la fréquence et la proximité des transports, plus que dans leur prix. 

Par Louna Galtier Oriol