Visuel Make l’espace great again
07.02.22

Make l’espace great again

En termes d’écologie, les fusées, c’est un peu comme les feux d’artifices. Pas top top. Mais les feux d’artifices font partie des petits plaisirs de la vie qui, on ne peut expliquer pourquoi, font du bien. À chaque feu d’artifice, il y a une bonne poignée de personnes qui filment la totalité du spectacle. Pourquoi ? Qui passe une demi-heure de sa vie après à regarder un spectacle de feux d’artifices sur son portable ? On ne peut qu’expliquer ça par le fait que c’est tellement beau et magique que certaines personnes se sentent obligées de l’immortaliser. Pour ce qui est des fusées, par contre, elles polluent vraiment énormément. Chaque décollage émet entre 200 et 300 tonnes de dioxyde de carbone dans la partie haute de l’atmosphère – où il stagnera pendant plusieurs années. Cependant, on peut justifier les décollages de fusées par les avancées scientifiques qu’on fait dans l’espace pour comprendre d’où on vient, et les avancées technologiques qui nous permettent de prédire la météo, de regarder la télévision où encore d’utiliser le GPS. Et comme les feux d’artifices, l’exploration spatiale fait rêver.

Mais depuis quelques années, les départs en fusée nous font moins rêver. Parfois, ils peuvent même nous dégoûter. Allez chercher pourquoi, mais voir des milliardaires dépenser des fortunes pour des tours de manèges dans l’espace, c’est moins poétique, moins impressionnant et très franchement, un peu révoltant.

Heureusement qu’il nous reste les images d’hommes qui sont allés jusqu’à la lune pas parce qu’ils étaient riches, ou les photos incroyables de Mars prise par le rover Curiosity et Persévérance, devant lesquelles on est émerveillé. C’est chouette de voir ce que les meilleurs cerveaux du monde sont capables de réussir quand ils travaillent ensemble. Ceci dit, on aimerait bien pouvoir voir des images d’une femme sur la lune. Heureusement, la NASA a annoncé que lors de la mission lunaire d’Artemis prévue pour 2024, pour la première fois, ce sera une femme qui marchera sur le sol lunaire. Et une fois cette mission terminée, c’est cap sur Mars.

Le problème pour aller à Mars, c’est que c’est très long. Un aller prendra deux voire trois ans, mais c’est pour bientôt ! D’après la NASA, la première mission pourrait partir autour de 2030. D’ici là, il faudra trouver des solutions aux multiples problèmes associés à un voyage si long. Pour cela, la NASA a annoncé fin janvier une compétition ouverte à tous pour essayer de trouver des solutions à la question des déchets. Comment recycler un maximum des détritus qui seront produits au cours des trois années de voyage ? Les principaux déchets que l’agence spatiale américaine souhaite traiter sont les ordures ménagères, les matières fécales, les emballages en mousse et le dioxyde de carbone. C’est rigolo, c’est les mêmes problèmes qu’on a ici, sur Terre.

Depuis les débuts de la conquête spatiale, une longue liste d’inventions utiles ont été à la base développées pour les astronautes dans l’espace avant de nous servir nous, les ‘Terronautes’. On y retrouve les prothèses artificielles, les traitements laser pour les yeux, les systèmes de filtration d’eau, les purificateurs d’air, les IRM, et bien plus encore. C’est pour ça que quand la NASA annonce qu’elle doit trouver des systèmes pour recycler et traiter les ordures, les emballages et le dioxyde de carbone, on peut y voir un peu d’espoir et pardonner la folle quantité de pollution que le décollage produira. Cette mission apportera probablement plus à l’humanité qu’un selfie de Jeff Bezos.