Visuel Le nouveau train-train des Bleus Antoine Schibler sur Unsplash
24.10.23

Le nouveau train-train des Bleus

Désormais, pour ses trajets de moins de trois heures, l’équipe de France de football prendra la direction de la gare et non de l’aéroport. Opération de communication ou véritable révolution ? Tentative de réponse avec Gnamé Diarra, journaliste à Society et So Foot. 

Si vous croisez Didier Deschamps au wagon bar ou Kylian Mbappé en train de taquiner le ballon dans les couloirs du TGV, pas la peine de vous pincer, vous ne rêvez pas! Dans quelques temps, ce sera désormais affaire commune. La Fédération Française de Football (FFF) l’a annoncé le 19 octobre dernier : elle compte, dans le cadre de son “plan de sobriété énergétique”, systématiser les voyages en train pour les Bleus. Ainsi pour tous les trajets de moins de trois heures, les différentes sélections nationales devront emprunter le rail et non la voie des airs. Une décision que l’ensemble de la presse a qualifié d’historique.

Retournement de situation chez les Bleus

Le premier test aura lieu lors du déplacement des Bleus, à Lyon, en mars prochain. L’objectif annoncé dans le “plan de sobriété énergétique” ? Réduire de 50% sa consommation d’énergie en cinq ans. Une volonté nouvelle et attendue depuis longtemps dans le milieu du football professionnel. On se souvient notamment de la polémique provoquée, l’année dernière, par la réponse ironique de Christophe Galtier, à l’époque l’entraîneur du PSG, quant à la possibilité pour l’équipe première de prendre le train. 

Gnamé Diarra, journaliste à Society et So Foot, nous éclaire sur la question. 

Quelle est ta première analyse suite à cette décision ? 

À l’heure du réchauffement climatique, c’est évidemment une bonne chose que la FFF s’empare du sujet. Est-ce que c’est réalisable? Je reconnais que je suis encore perplexe… Ça pose beaucoup de questions, au niveau logistique et sur le plan de la sécurité notamment. La SNCF pourra-t-elle assumer une telle organisation ? Car, les joueurs vont devoir emprunter des lignes au départ de gares très fréquentées, telle la gare de Lyon à Paris. Certes il y a les société de sécurité privée mais cela me semble, tout de même, excessivement compliqué à mettre en place. Et puis, hors Stade de France,  dans l’année, combien y aura-t-il réellement de matchs de moins de trois heures de Clairefontaine (lieu d’entraînement des Bleus, NDR) ? 

La FFF a essuyé un grand nombre de polémiques ces derniers mois avec pour point d’orgue, la démission de son président, Noël Le Graët, accusé de harcèlement moral et sexuel. Cette histoire de train, c’est aussi une manière de redorer un peu l’image de l’institution… 

Clairement. Il s’agit, ici, de montrer qu’ils ne sont pas si déconnectés de la réalité et qu’ils prennent au sérieux les enjeux de société actuelle. Le public le réclame, à l’instar des médias et de ce qu’on peut lire sur les réseaux sociaux. La FFF sait l’image qu’elle a, ce que les gens en pensent, les griefs à son encontre… Il y a également la comparaison avec d’autres pays où des clubs empruntent régulièrement le train pour leurs matchs à l’extérieur. Tout ça les pousse à réagir, la volonté de se racheter est manifeste. Ce n’est pas seulement un coup de communication, cela fait partie d’une stratégie plus globale. Et cette dernière entend évidemment rendre l’image de la FFF beaucoup plus présentable qu’elle ne l’est aujourd’hui. 

Par Celia Maurincomme et Louna Galtier Oriol