18.06.21

Vive la musique !

Visuel Vive la musique !

Créé à Paris en 2004, Talacatak est une association culturelle reconnue d’utilité publique qui travaille sur la fabrication d’instruments de musique à partir de la réutilisation de déchets. Ce projet trouve son origine dans la rencontre de Lionel Haïun et un bidon abandonné sur la voie publique. A quelques jours de la Fête de la musique, le fondateur et directeur de l’association nous raconte sa vision de la musique à travers son association. 

Comment l’idylle est née entre vous et ce bidon abandonné ? 

J’ai fondé Talacatak à mon retour du Brésil. Je n’avais plus un sou en poche mais j’avais besoin de m’acheter un instrument. Mais étant artiste en tout genre et plasticien de formation, heureusement, j’avais le cerveau plus rempli que mes poches. J’ai fabriqué une percussion à partir d’un bidon abandonné sur la voie publique… et ça sonnait du tonnerre ! De là, j’ai commencé à fabriquer d’autres instruments à partir de tous types de déchets. J’ai partagé ces astuces avec mes amis musiciens et plus j’en parlais autour de moi, plus je me rendais compte qu’il y avait quelque chose à faire. Et c’est donc de là qu’est parti Talacatak. 

Quelles sont les actions que vous menez au quotidien ? 

On propose plusieurs types d’ateliers axés sur le réemploi de déchets et sur la confection d’instruments. On a un atelier de production instrumentale qui nous permet de fabriquer des instruments acoustiques et d’équiper des structures socio-éducatives en instruments. On fait également tourner un groupe de musique brésilienne avec des instruments fabriqués par nos soins. Ce qui est intéressant chez nous, c’est la transversalité des secteurs entre le culturel, l’éducatif, l’écologie et bien évidemment la musique. A travers Talacatak, on a également envie que nos bénévoles acquièrent un sens du bricolage, de l’astuce, de l’autonomie, et de l’expression corporelle. Le dernier élément est important car selon moi, utiliser un instrument (tout comme le fabriquer), c’est mobiliser son corps. Si on ne joue pas correctement – comme on ne le fabriquerait pas correctement – notre instrument s’abîme. 

Vous avez prévu quoi pour la Fête de la musique ? 

Pour nous, c’est tous les jours la Fête de la musique, la rendre accessible au maximum de monde, tous les jours ! 

Quels sont les petits gestes à adopter pour vivre un concert éco-responsable ? 

Je n’en ai pas de particuliers à conseiller. Pour moi, mener une action avec amour pour la nature, c’est la base d’une action écologique. Quand on aime cette nature, il y a logiquement une notion de respect qui apparaît pour elle. Mais des alternatives, il y en a des milliers ! Moi, je suis partisan du principe que chaque problématique possède ses petites astuces, qu’on peut toujours se débrouiller avec les moyens du bord. Il suffit parfois de juste se creuser un peu la tête et se renseigner autour de nous pour trouver ces alternatives. Évidemment qu’après, il y a des petits gestes à mettre en place comme les verres consignés, faire attention à ne rien jeter pendant les concerts, mais ces gestes paraissent naturels si vous aimez la nature. Après, ça reste les envies de tout un chacun. Je ne force ni fait la morale à personne.

Comment récupérez-vous vos déchets ? 

On a deux approches dans la fabrication de nos instruments: 

  • La première où on essaye de s’inspirer d’instruments existants. 
  • La seconde où on part du déchet et on se dit “que peut-on fabriquer à partir de ça ?” et cela donne des flûtes à partir de ballons de baudruche usagés comme membrane et de tuyaux PVC (tuyaux d’évacuation).

Dans les deux cas, on travaille peu à partir de déchets musicaux. En partant du déchet de base que l’on trouve dans n’importe quel foyer – la boîte à savon, la bouteille de shampoing, le sac plastique, des tuyaux de canalisation, des cannettes, des capsules – on peut récupérer du matériel vraiment partout. On est jamais en manque de nouveaux outils. Du coup, on a une équipe chargée de récupérer des déchets régulièrement, puis on a des personnes âgées qui nous apportent les déchets de chez eux comme des pots de yaourt, des boîtes de conserve et parfois on organise des partenariats avec des entreprises. 

Quel est le message derrière Talacatak ? 

Vive la musique ! Vive la découverte ! Vive le sens de l’astuce ! Vive la nature !

Pour retrouver plus d’infos sur l’association et ses projets, c’est par ici