17.04.21

Celle qui fait tourner la tête de la « Bonne Mère »

Visuel Celle qui fait tourner la tête de la « Bonne Mère »

Daphné Charveriat a monté “Marseille Solutions”, une sorte de lab qui accompagne le développement de projets positifs dans la ville de Marseille.

Nous étions allés à sa rencontre dans le magazine So good #2. Depuis, ses projets ne cessent d’évoluer.

Quels sont vos projets du moment ?

Daphné Charveriat : On a transformé une auberge de jeunesse en lieu d’accueil pour les femmes en grande vulnérabilité. On est allés voir la mairie, les associations qui travaillent avec le public ciblé, en leur disant “venez, on monte un super projet ensemble”. Et c’est parti. L’auberge est ouverte depuis le 8 mars, accueille 60 personnes (30 femmes et 30 enfants). Au-delà de l’hébergement, le but est de créer un lieu d’émancipation où les femmes vont retrouver confiance en elle, peut-être travailler sur leur avenir professionnel, participer à des jardins participatifs, faire ce qui leur plaisent. Au quotidien, ce sont des équipes comme celle de Yes We Camp, qui gèrent cette opération. Par ailleurs, on va également lancer un grand mouvement « le 1% pour Marseille ». Le principe ? Si tout le monde donnait 1% de son temps, 1% de ses mètres carrés, 1% de ses bénéfices, 1% de sa créativité, la ville vivrait mieux, serait plus solidaire et plus fraternelle. Ce mouvement n’appartiendrait pas à Marseille Solutions mais à la ville de Marseille.

Dans l’article paru dans So good, vous dites que vous voulez faire de Marseille le nouveau Medellin. Comment évolue cette idée ? 

Daphné Charveriat : Plutôt bien. Au dernier conseil municipal, le responsable de l’innovation sociale de la ville a lancé un marché dans le but de co-créer les politiques publiques avec les associations, les entreprises, les citoyens. Dans le même esprit que Medellin, l’idée est que Marseille se répare avec ses habitants, qu’on agisse ensemble. D’ailleurs, Marseille est candidate pour devenir la capitale européenne de l’innovation sociale. Ça aussi, c’est cool.

On a l’impression que vous avez des projets de partout. Comment vous définiriez Marseille Solutions ?

Daphné Charveriat : C’est un lab, je dirais. Mais en vérité, on est un OVNI (rires). Les innovateurs ne viennent pas vers nous pour les aider sur un projet. Nous, notre force, c’est d’être des experts territoriaux et d’arriver à identifier les trous dans la raquette. C’est avec cette énergie qu’on a monté l’an passée la Fondation de Marseille qui lutte contre les précarités sociales, participe à l’accès à la culture et à l’éducation, à l’insertion économique, à l’environnement… Marseille Solutions a créé un service “programme d’implantation” pour les entreprises qui souhaitent s’intégrer à Marseille. Par exemple, si un projet est canon dans une autre ville comme Toit à Moi à Nantes, on va l’aider à trouver le lieu où s’implanter à Marseille, les accompagner durant leur migration. En plus de tout cela, on aide également les entreprises et les collectivités à façonner leur projet d’impact.

Quel est le message positif de Marseille solutions ?

Daphné Charveriat : Rien n’est impossible. « Plus c’est fou et plus on a envie d’y aller » est un peu notre mojo. Il faut casser les préjugés et faire se rencontrer des personnes de tout milieu. On imagine des rencontres entre des prisonniers des Baumettes avec des étudiants de l’école de commerce KEDGE. On croit en la rencontre réussie, et les ingrédients d’une rencontre réussie c’est : de l’humour, une posture basse, de la bienveillance, de la curiosité, l’envie de rencontrer l’autre.

Crédit photo: Caroline Dutrey

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